Publié le mercredi 2 juillet 2008

Bravo au Dr Morgentaler

02 07 2008

Suite à mon article d’hier, j’ai deux nouvelles raisons d’aimer la Canada : le Dr Henri Morgentaler a reçu l’Ordre du Canada de la Gouverneure générale, une femme qui n’a pas peur de la controverse. Bravo à tous les deux!

Ce prix souligne les 20 ans de la décriminalisation de l’avortement. Le Dr Morgantaler le mérite parce qu’il est un héros national pour avoir sauvé la vie de dizaines de milliers de femmes qui ont pu avorter dans des conditions médicale correctes grâce à lui. Il a aussi fait de la prison pour défendre ses idées, reçu d’innombrables menaces de morts et vu ses cliniques incendiées par ceux qui prétendent défendre la vie. Je viens de cette époque où l’église catholique interdisait la contraception et où l’avortement était criminel, un bel exemple de quadrature du cercle pour les femmes. Par exemple, lorsque la pilule contraceptive est devenue disponible dans les années 60, ma mère a eu la naïveté, mais aussi l’obligation, de demander au curé la permission de la prendre parce qu’elle craignait les grossesses pour des raisons de santé. Le curé l’a menacée d’excommunions si elle empêchait la famille comme on disait dans ce temps-là. Ma mère a alors posé un geste dont j’ai toujours été fier, elle n’a plus jamais mis les pieds dans une église. Si les femmes de ma génération, celle de la révolution sexuelle, voulaient se faire avorter, elle avait deux choix, aller dans l’état de New-York ou faire affaire avec ceux qui le faisaient dans la clandestinité. Si je me souviens bien, un avortement aux États-Unis coûtait $300, une petite fortune pour une étudiante ou une personne qui travaillait à $1 l’heure, un salaire correct à l’époque. Alors la plupart choisissaient la clandestinité où les méthodes barbares utilisées et les conditions sanitaires douteuses faisaient beaucoup de blessée par hémorragie et infections diverses. Des milliers de femmes sont mortes parce qu’elles risquaient la prison si leur avortement était découvert et parce que cela aurait causé des problèmes familiaux. Heureusement cette barbarie est révolue, mais pas pour tout le monde malheureusement.

Des voix discordantes n’ont pas tardées à se faire entendre aujourd’hui. Les militants anti-avortement et leurs amis des ligues catholiques en passant par tout le gratin des institutions religieuses ont dénoncé l’Ordre du Canada. Un de ces organismes s’appelle la Ligue catholique des droits de la personne. Pardon? Toute l’action de l’église catholique consiste à nier les droits de la personne. Dans cette église il n’y a que le droit divin qui compte. Pour elle les humains n’ont pas des droits, mais des devoirs dont le principal est d’expier le péché originel et accessoirement de prier pour la vie éternelle, celle qui vient après la mort, ce merveilleux moment de la vie où les souffrances garantissent une bonne place au ciel pour l’éternité. Qu’attendre d’autre d’une religion dont le symbole est un homme mort sur une croix? En s’opposant à l’avortement, les pro-vies privilégient la vie d’enfants non encore nés au détriment de la vie de femmes bien vivantes qui souvent auront des enfants plus tard de toute façon. Je trouve que le terme pro-vie est une forme de fausse représentation.

Même si je suis un partisan de l’avortement il y a deux choses qui me questionnement. Il y a le phénomène des avortements à répétition et l’avortement après 26 semaines. Il y a des femmes qui semblent  utiliser l’avortement comme moyen de contraception, une sorte de pilule du lendemain extrême. C’est un phénomène marginal, mais qui mérite une réflexion qui se fait déjà dans le milieu de la santé et des services sociaux je crois. L’autre problématique est plus sensible, parce qu’elle pourrait mener à l’interdiction de l’avortement après 26 semaines. À mon avis, seules des raisons médicales sérieuses devraient permettre de procéder à un avortement à ce stade. Je pense qu’avant, une femme n’a pas à justifier sa décision, ça lui appartient, par contre, 26 semaines c’est bien assez pour assumer ses responsabilités et se décider. Si à ce moment-là elle est encore indécise, je pense que le bébé qui est à un stade très avancé de développement mérite de naître. Si la mère ne veut pas ou ne peut pas le garder qu’il soit adopté. Il y beaucoup d’enfants de l’adoption qui sont heureux et qui contribuent comme tous les autres à la société. C’est dommage de nous en priver.





2 Commentaires :

Commentaire écrit le jeudi 3 juillet 2008 à 11:48:40 (lien)
L\'Avocat du Diable
Le docteur Henri Morgentaler sera bientôt décoré de l’Ordre du Canada. Il sera honoré pour avoir eu le courage de décider à la place des gouvernements, qu’en cas de grossesse accidentelle, il valait mieux tuer le fœtus que de déranger la vie et le confort de la mère. La société dit merci au Dr. Morgentaler de lui avoir évité le fardeau financier et social de centaines de millier de mère-filles improductives et nuisibles au PIB. Qui sera le prochain lauréat de l’Ordre du Canada pour avoir coupé les soins médicaux aux vieillards qui coûtent trop cher à la société?


Commentaire écrit le jeudi 3 juillet 2008 à 00:24:16 (lien)
le Chat
cette nomination méritée nous démontre le fossé entre notre qualité de vie et celle de plusieurs peuples.....
Faut savoir reconnaître le choix et ça demeure notre responsabilité de le faire connaître de tous et surtout de toutes....
Le droit de choisir demeure fondamental. Il n'est pas contre, il est pour une meilleure vie pour tous...
Suffit de comprendre...


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